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Sécurité

Accès administrateur du prestataire

Comment le prestataire installe et maintient la Box à distance sans devenir un risque : accès nominatif, MFA, VPN, ouverture à la demande, journal des interventions, séparation des rôles, contrat.

Hypothèse#securite#rgpd#vpn#avocats#produitPublié le 16 sept. 2026Mis à jour le 16 sept. 2026Vérifié le 16 sept. 2026À revérifier le 15 déc. 2026

L'essentiel

  • Le prestataire qui installe et maintient la Box avec un accès aux données est un sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD : contrat obligatoire avant tout accès (voir RGPD).
  • La CNIL demande d'ouvrir les accès de télémaintenance « à la demande », « pour une durée adaptée à l'intervention et définie à l'avance », puis de les refermer, et d'enregistrer les interventions « dans une main courante » 1.
  • Le dossier retient : compte nominatif par intervenant, MFA, VPN comme seul chemin, accès désactivé par défaut et activé par le client pour une durée bornée, journal des sessions conservé hors de portée du prestataire, séparation entre administration technique et accès aux documents.
  • Le prestataire n'a pas la clé du dépôt de sauvegarde ni le PIN du disque, sauf accord écrit ; il détient une copie scellée de la clé de récupération si le client le souhaite.

Le problème à résoudre

Une PME sans équipe IT a besoin d'un tiers pour maintenir la Box. Ce tiers a, par construction, un accès technique complet. Le CNB demande l'impossibilité d'accès des salariés du fournisseur aux données des avocats « ou, à défaut, la mise en place d'habilitations strictes d'accès » 4. L'ANSSI consacre dans la version 3 de ses recommandations sur l'administration sécurisée une section à l'administration par un tiers, dérivée du référentiel des prestataires d'administration et de maintenance sécurisées (PAMS) 3. Le principe est le même : l'accès du tiers est un accès d'administration comme un autre, soumis aux mêmes règles (postes dédiés, comptes nominatifs, traçabilité), plus un encadrement contractuel.

Principes retenus

PrincipeMise en œuvre proposéeStatut
Accès nominatifUn compte système et un compte VPN par personne physique du prestataire ; aucun compte partagé « support » ; désactivation le jour du départ d'un salariéHypothèse
Authentification forteClé SSH + MFA sur le VPN (identité vérifiée par l'IdP du VPN) ; option TOTP/FIDO2 sur SSH en plusHypothèse
Un seul cheminVPN (WireGuard, Tailscale, NetBird ou Headscale selon Réseau) ; pas de port ouvert, pas de TeamViewer/AnyDesk, pas de tunnel permanentHypothèse forte
Ouverture à la demandeL'accès VPN du prestataire est désactivé par défaut. Le référent client l'active (bouton dans la page « Santé de la Box » ou commande simple) pour une durée choisie (2 h, 4 h, 8 h) ; fermeture automatique à l'échéanceÀ concevoir et tester
Durée limitée et motifChaque ouverture porte un motif (ticket) et une durée ; les sessions au-delà de la durée sont coupéesÀ concevoir
Main couranteJournal des interventions : date, heure début/fin, intervenant, motif, actions réalisées, données consultées (oui/non, lesquelles), validation client. Tenu par le prestataire, copie chez le clientHypothèse
Journal technique inaltérableEnregistrement des sessions SSH (commandes, via journald et un enregistreur de session) copié quotidiennement dans la sauvegarde chiffrée du client, hors de portée d'une modification par le prestataireÀ tester
Séparation des rôlesLe compte d'administration technique n'a pas de compte dans l'interface IA ; les documents et l'index ne sont pas lisibles sans passer par une élévation journalisée ; les volumes de données sont montés sans que l'administrateur ait besoin de les parcourir pour les tâches courantesHypothèse ; la séparation stricte est difficile sur une machine unique : voir limites
Poste d'administrationLe prestataire administre depuis un poste dédié ou une machine virtuelle d'administration, pas depuis son poste bureautique (recommandation ANSSI) 3Hypothèse
Moindre accès aux clésClé du dépôt de sauvegarde : client seul. PIN ou phrase LUKS : client seul. Clé de récupération LUKS : enveloppe scellée chez le client, copie scellée chez le prestataire si le client le souhaiteHypothèse
Pas de copie hors siteAucune donnée du client ne quitte la Box pour le diagnostic sans accord écrit ; les journaux transmis au support sont anonymisésClause contractuelle
Sous-traitance ultérieureTout autre intervenant (hébergeur de sauvegarde, sous-traitant du prestataire) est soumis à autorisation du client (art. 28.2 et 28.4)Clause contractuelle

Déroulement d'une intervention type

En urgence (panne bloquante hors horaires), une procédure de secours permet au référent d'ouvrir l'accès par téléphone avec vérification d'identité, ou à un second référent d'agir. Sans référent joignable, le prestataire n'intervient pas à distance : c'est le prix de la règle. Ce point doit être accepté explicitement par le client.

Ce que le prestataire peut voir

Il faut être honnête avec le client : un administrateur root d'une machine unique peut, techniquement, lire les documents indexés et les journaux de conversations. Les mesures ci-dessus ne rendent pas cet accès impossible ; elles le rendent tracé, visible, borné dans le temps et contractuellement interdit.

DonnéeAccès technique possible ?Mesure
Documents sourcesOui (root)Élévation journalisée ; clause ; main courante ; alerte au client en cas d'accès aux volumes de données
Chunks et embeddingsOui (root)Idem
Historique des conversationsOui (root)Idem ; option : chiffrement applicatif de l'historique avec clé côté client, non retenu en V1
Journaux d'accèsOuiCopie quotidienne hors de portée (sauvegarde du client)
Sauvegardes hors siteNon sans la clé du dépôtClé détenue par le client
Disque à froid (machine éteinte)Non sans clé LUKSClé de récupération scellée

Pour aller plus loin (V2), des pistes existent : séparation sur deux machines (administration vs données), chiffrement applicatif des documents avec clés par dossier, ou administration supervisée en direct par le client (écran partagé). Elles ne sont pas retenues en V1 pour des raisons de coût et de complexité.

Contrat

Le contrat de maintenance inclut, au minimum (voir RGPD pour l'article 28 complet) :

  • Qualification du prestataire comme sous-traitant ; instructions documentées ; confidentialité des personnes autorisées, avec mention explicite du secret professionnel de l'avocat.
  • Liste nominative des intervenants autorisés, mise à jour.
  • Modalités d'accès : VPN, MFA, ouverture à la demande, durée, main courante.
  • Interdiction de copie hors de la Box sans accord écrit ; absence de transfert hors UE.
  • Notification d'incident au cabinet sous 24 h (proposition) pour tenir les 72 h de l'art. 33.
  • Audit : le cabinet ou un tiers mandaté peut consulter la main courante et les journaux.
  • Fin de contrat : suppression ou restitution, certificat, révocation des accès (voir Incidents).
  • Clause de sécurité imposant les mesures de Durcissement et la présente procédure (recommandation CNIL : clause de sécurité dans les contrats de maintenance) 2.

Questions ouvertes

Sources

  1. 1CNIL — Guide sécurité : encadrer la maintenance et la fin de vie des matériels et logicielsDocumentation officielleFiabilité hauteCNIL · publié Édition 2024 du guide sécurité · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
  2. 2CNIL — Sécurité : Gérer la sous-traitanceDocumentation officielleFiabilité hauteCNIL · publié 2024 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
  3. 3ANSSI — Recommandations relatives à l'administration sécurisée des systèmes d'information (ANSSI-PA-022, v3.0)Documentation officielleFiabilité hauteANSSI · publié 2021-05-11 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
  4. 4CNB — Guide pratique « La déontologie et l'intelligence artificielle » (1re édition, avril 2026)Documentation juridiqueFiabilité hauteConseil national des barreaux (Commission des règles et usages) · publié avril 2026 (adopté le 17 mars 2026, mis en ligne le 13 mai 2026) · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
  5. 5ANSSI — Guide d'hygiène informatique (42 mesures)Documentation officielleFiabilité hauteANSSI · publié Non daté (page maintenue) · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
content/docs/security/acces-prestataire.md1189 mots