Architecture
Cartographie des flux de données
Où résident les données de la Box, qui y accède, comment elles sont chiffrées et combien de temps elles sont conservées : documents, index, requêtes, réponses, journaux, sauvegardes et télémaintenance.
Hypothèse#rgpd#securite#rag#sauvegarde#documents#avocatsPublié le 16 sept. 2026Mis à jour le 16 sept. 2026Vérifié le 16 sept. 2026À revérifier le 15 déc. 2026
L'essentiel
- Toutes les données de la Box résident sur la machine ou sur un support de sauvegarde contrôlé par le cabinet. Le seul flux sortant prévu est la télémaintenance, chiffrée et à l'initiative du cabinet.
- Huit familles de données coexistent : documents sources, données d'ingestion, index vectoriel, requêtes, réponses et conversations, fichiers joints, journaux, sauvegardes. Chacune a un lieu, un chiffrement, des accédants et une durée de conservation propres.
- L'index vectoriel et les journaux sont des copies dérivées des documents et des conversations : ils contiennent des données personnelles et couvertes par le secret professionnel au même titre que les originaux.
- Cette cartographie alimente directement le registre des traitements, l'éventuelle AIPD (voir RGPD) et le modèle de menaces.
- Les durées de conservation indiquées sont des propositions à valider avec le client et son conseil.
Vue d'ensemble
Tableau des flux
| Flux ou donnée | Contenu | Où elle réside | Chiffrement | Qui y accède | Durée de conservation (proposition) |
|---|---|---|---|---|---|
| D1. Documents sources | Dossiers clients, actes, courriers, notes : données personnelles, souvent sensibles (art. 9 et 10 RGPD), couvertes par le secret professionnel | Partage de fichiers ou GED du cabinet ; en V1 éventuellement copiés dans le stockage de la Box | Au repos : chiffrement du disque de la Box (LUKS) ; sur le partage : selon la politique existante du cabinet. En transit : SMB 3 avec chiffrement ou HTTPS | Les utilisateurs selon les ACL du cabinet ; le service d'ingestion en lecture seule | Celle du cabinet (règles professionnelles et prescription) ; la Box n'ajoute aucune rétention propre si elle indexe en place |
| D2. Données d'ingestion | Texte extrait, résultat d'OCR, découpage en passages (chunking), fichiers temporaires | Volume de travail de la Box, mémoire vive | Disque chiffré (LUKS) | Service d'ingestion uniquement | Éphémère : supprimées après indexation ; à vérifier dans l'outil retenu |
| D3. Index vectoriel et métadonnées | Embeddings de chaque passage, texte du passage, chemin du document, groupes autorisés | Base vectorielle (PostgreSQL + pgvector ou Qdrant) sur la Box | Disque chiffré ; pas de chiffrement applicatif en V1 | Utilisateurs via l'interface, filtrés par groupe ; administrateur de la Box | Tant que le document source existe et est autorisé ; suppression ou réindexation lors du retrait ou du changement de droits d'un document |
| D4. Requêtes | Question de l'utilisateur, historique de la conversation, passages injectés | Base applicative de l'interface, mémoire du runtime pendant le traitement | Disque chiffré ; HTTPS entre le poste et la Box ; réseau Docker interne entre les services | L'utilisateur auteur ; l'administrateur (à encadrer) | Proposition : conversations conservées 12 mois puis purge automatique, ou suppression à la demande de l'utilisateur ; à définir avec le client |
| D5. Réponses et conversations | Texte généré, citations, retours de l'utilisateur | Base applicative de l'interface | Idem D4 | Idem D4 | Idem D4 |
| D6. Fichiers joints aux conversations | Documents déposés directement dans le chat par l'utilisateur, hors circuit d'ingestion | Volume d'uploads de l'interface | Disque chiffré | L'utilisateur auteur ; partage possible s'il l'active | Proposition : suppression avec la conversation ; purge des orphelins |
| D7. Journaux d'audit | Qui, quand, quelle question (ou son empreinte), quelles sources retournées, quel modèle | Base applicative ou fichiers de journaux sur la Box | Disque chiffré ; accès restreint | Administrateur de la Box, référent du cabinet ; prestataire sur demande | Proposition : 12 mois glissants, puis archivage ou suppression ; durée à aligner sur la politique du cabinet |
| D8. Journaux techniques et métriques | Erreurs, latences, utilisation GPU et mémoire, état des services | Fichiers de journaux et base de métriques sur la Box | Disque chiffré | Administrateur, prestataire | Proposition : 30 à 90 jours ; ne doivent contenir ni questions ni extraits de documents |
| D9. Sauvegardes | Copie de D3, D4, D5, D6, D7 et de la configuration | Disque externe ou NAS du cabinet, éventuellement site distant du cabinet | Chiffrement côté source par restic (clé détenue par le cabinet et le prestataire) | Administrateur ; restauration par le prestataire sur demande | Rotation proposée : quotidiennes 14 jours, hebdomadaires 8 semaines, mensuelles 12 mois ; voir Sauvegardes |
| D10. Télémaintenance | Session d'administration : commandes, journaux techniques, métriques | Tunnel entre la Box et le poste du prestataire | VPN WireGuard ou Tailscale, authentification par clé, MFA | Prestataire, à l'initiative ou avec l'accord du cabinet | Journal des sessions conservé 12 mois ; aucun document ni conversation ne transite sauf accord écrit |
| D11. Mises à jour | Images Docker, modèles, paquets système | Téléchargés depuis Internet vers la Box | HTTPS ; vérification des empreintes | Administrateur | Flux entrant uniquement ; aucune donnée du cabinet n'est envoyée |
Cycle de vie d'un document
Points sensibles :
- Cohérence des droits : entre la modification des ACL sur le partage et la mise à jour de l'index, il existe un délai pendant lequel l'index reflète les anciens droits. Ce délai doit être court (minutes) et documenté ; c'est un point du modèle de menaces.
- Suppression effective : supprimer un document du partage doit entraîner la suppression de ses passages dans l'index, de ses éventuelles copies de travail et, à terme, de ses occurrences dans les sauvegardes (par expiration de la rotation). Une suppression immédiate dans les sauvegardes n'est pas réaliste ; il faut le dire au client.
- Fichiers joints : ils court-circuitent le connecteur et ses ACL. Ils ne sont visibles que de leur auteur, sauf partage explicite ; ils doivent néanmoins apparaître dans le registre.
Cycle de vie d'une conversation
- L'utilisateur pose une question ; elle est enregistrée dans la base applicative avec son identifiant.
- Le RAG recherche dans l'index, filtré par les groupes de l'utilisateur ; les passages retenus sont journalisés (référence du document et position, pas nécessairement le texte).
- Le runtime génère la réponse ; question, passages et réponse ne résident en mémoire du runtime que le temps du traitement. Le KV cache peut conserver le contexte de la conversation en mémoire vive entre deux tours, jamais sur disque dans la configuration de référence.
- La réponse est stockée dans la conversation et affichée avec ses citations.
- L'utilisateur peut supprimer la conversation ; la suppression est effective dans la base applicative, différée dans les sauvegardes.
- À l'échéance de conservation, une purge automatique supprime les conversations anciennes.
Chiffrement : synthèse
| Niveau | Mécanisme | Ce qu'il protège | Ce qu'il ne protège pas |
|---|---|---|---|
| Disque de la Box | LUKS sur les volumes de données, déverrouillage au démarrage (clé ou TPM avec Secure Boot) | Vol ou mise au rebut de la machine ou des SSD | Un attaquant connecté à la machine allumée |
| Transit poste ↔ Box | TLS via le reverse proxy | Écoute sur le réseau local, Wi-Fi | Un poste client compromis |
| Transit interne | Réseaux Docker internes sur la même machine | Exposition accidentelle de services | Rien de plus : pas de chiffrement inter-conteneurs en V1 |
| Transit Box ↔ partage de fichiers | SMB 3 avec chiffrement, ou HTTPS | Écoute sur le réseau | Un partage mal configuré |
| Sauvegardes | Chiffrement restic côté source | Perte ou vol du support de sauvegarde | Perte de la clé : les sauvegardes deviennent illisibles |
| Télémaintenance | WireGuard ou Tailscale, clés par appareil | Écoute et usurpation | Un poste prestataire compromis : d'où MFA et journalisation |
Utilisation pour le RGPD et le modèle de menaces
- Chaque ligne du tableau des flux correspond à une entrée (ou une partie d'entrée) du registre des traitements : finalité, catégories de données, destinataires, durée, mesures de sécurité. La page RGPD reprend cette structure.
- Le cabinet est responsable de traitement ; le prestataire qui installe et maintient la Box est sous-traitant pour les opérations de télémaintenance et de restauration (art. 28 RGPD). Le contrat doit lister précisément D7, D8, D9 et D10 comme périmètre d'accès.
- Le modèle de menaces reprend les flux D1 à D11 comme surface d'attaque : chaque flux a ses menaces (accès non autorisé à l'index, exfiltration par un compte compromis, injection de prompt via un document, perte de la clé de sauvegarde) et ses mesures.
- La question de l'AIPD (Q-010) se pose précisément parce que D1 et D3 contiennent des données sensibles à grande échelle pour un cabinet : cette cartographie est le point de départ de l'analyse.