RGPD
Autres secteurs réglementés : canevas d'étude
Ce qu'il faudra étudier avant de proposer la Box à des experts-comptables, professionnels de santé, agents immobiliers, bureaux d'études ou sociétés de conseil.
L'essentiel
- Le cas d'usage de référence est le cabinet d'avocats ; les autres secteurs ne sont pas étudiés. Cette page fixe la méthode et les premières questions, sans conclusion.
- Le socle RGPD de la Box (sur site, permissions, journalisation, registre, AIPD, contrat art. 28) est transposable ; ce qui change, ce sont le secret professionnel applicable, les durées légales, les certifications d'hébergement et la qualification AI Act de l'usage.
- Point d'alerte : le secteur médical fait intervenir la certification HDS dès qu'un tiers héberge des données de santé ; le modèle « sauvegarde hors site chez le prestataire » devrait être repensé.
- Aucun article ni texte n'a été vérifié pour ces secteurs : tout est à étudier.
Méthode commune
Pour chaque secteur, reprendre les huit questions suivantes :
- Quel secret ou obligation de confidentialité s'applique (texte, portée, personnes tenues) ?
- Quelles catégories de données particulières (art. 9, art. 10) dominent, et sur quel fondement ?
- Quelles durées de conservation légales ou recommandées (référentiel de l'ordre ou de la profession) ?
- Une certification d'hébergement ou une qualification est-elle exigée (HDS, SecNumCloud pour certains marchés) ?
- L'usage envisagé entre-t-il dans une catégorie « haut risque » de l'annexe III du règlement IA (emploi, crédit, assurance, services essentiels, éducation) ?
- Quels référentiels sectoriels (ordre, autorité de tutelle, fédération) existent sur l'IA ?
- L'AIPD est-elle requise par la liste CNIL 2018 (santé, RH, données financières croisées) ?
- Quelles intégrations documentaires (logiciels métier) créent des flux sortants à qualifier ?
Le point de départ reste la position CNIL : sur site recommandé pour les données sensibles, responsabilité du déployeur sur le RAG 4.
Experts-comptables et commissaires aux comptes
- Secret professionnel de l'expert-comptable (ordonnance de 1945, code de déontologie) : texte à vérifier.
- Données : rémunérations, données bancaires, parfois données de santé (arrêts de travail) via la paie ; données fiscales.
- Durées : obligations comptables (10 ans pour les pièces, à vérifier) ; référentiel de l'Ordre à rechercher.
- AI Act : un assistant documentaire interne semble hors haut risque ; vigilance si l'outil servait à noter des clients ou à décider d'un crédit.
- Points spécifiques : lutte anti-blanchiment (obligations de vigilance), multiplicité des clients (un cabinet comptable traite les données des salariés de ses clients : cloisonnement par client indispensable).
Professions de santé (cabinets, maisons de santé, cliniques)
- Secret médical (art. L. 1110-4 CSP, à vérifier), référentiels de sécurité du secteur (PGSSI-S), guide HAS/CNIL 2026 sur le bon usage des systèmes d'IA en santé (existence signalée dans la recherche, non exploité).
- AIPD requise par la liste CNIL 2018 pour les traitements de données de santé (item à vérifier).
- AI Act : les dispositifs médicaux relèvent de l'annexe I ; un assistant documentaire interne ne l'est pas, mais toute aide au diagnostic changerait la qualification.
Immobilier (agences, administrateurs de biens, syndics)
- Données : identité, solvabilité, situation familiale des candidats locataires ; données bancaires ; parfois données sensibles indirectes.
- Points spécifiques : lutte anti-blanchiment ; discrimination au logement ; la CNIL a publié des recommandations sur les pièces exigibles des candidats locataires (à rechercher).
- AI Act : vigilance si l'outil servait à sélectionner des candidats ou à évaluer une solvabilité (annexe III, accès aux services essentiels ou crédit : à analyser).
- Secret : obligation contractuelle et déontologie professionnelle (loi Hoguet, à vérifier), moins protectrice que le secret de l'avocat.
Bureaux d'études, ingénierie, industrie
- Données personnelles limitées ; l'enjeu principal est le secret des affaires et la propriété intellectuelle des clients : la protection légale suppose des « mesures de protection raisonnables » 3.
- Clauses de confidentialité clients souvent strictes (interdiction de tout traitement hors UE, parfois hors du site) : la Box répond par construction ; vérifier les clauses sur les sous-traitants.
- Secteurs sensibles (défense, nucléaire, énergie) : régimes spécifiques (informations classifiées, IGI 1300, secteurs d'activité d'importance vitale) hors périmètre, à ne pas aborder sans étude.
- AI Act : usage documentaire hors haut risque ; vigilance sur les composants de sécurité de produits (annexe I) si l'IA participait à la conception.
Conseil, RH, recrutement
- Données RH : le profilage, l'évaluation des salariés et le recrutement assisté sont à la fois des cas d'AIPD (liste CNIL 2018) et des cas « haut risque » de l'annexe III (point 4) du règlement IA.
- Un assistant documentaire interne pour des consultants reste hors haut risque à notre lecture ; l'offre doit exclure explicitement tout usage de tri de candidatures ou d'évaluation.
- Secret : obligations contractuelles ; secret des affaires des clients.
Tableau de synthèse
| Secteur | Secret applicable | Certification hébergement | Risque AI Act | Priorité d'étude |
|---|---|---|---|---|
| Avocats | Loi 1971, RIN, décret 2023-552 | Non (interprétation) | Faible | Fait (voir avocats) |
| Experts-comptables | Ordonnance 1945 (à vérifier) | Non a priori | Faible | Haute (proche des avocats) |
| Santé | Secret médical | HDS pour tout hébergement tiers | Moyen (aide au diagnostic exclue) | Moyenne, offre à repenser |
| Immobilier | Déontologie Hoguet (à vérifier) | Non | Moyen (sélection de candidats) | Basse |
| Bureaux d'études | Secret des affaires, contrats | Non (hors secteurs sensibles) | Faible | Moyenne |
| Conseil / RH | Contrats | Non | Élevé si usage RH | Basse |
Questions ouvertes
Sources
- 1Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) — texte consolidé EUR-LexDocumentation juridiqueFiabilité hauteEUR-Lex · publié 27 avril 2016 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 2Code de la santé publique, article L. 1111-8 — hébergement de données de santé (HDS)Documentation juridiqueFiabilité hauteLégifrance · publié Version en vigueur (consultée le 16 septembre 2026) · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 3Code de commerce, article L. 151-1 — protection du secret des affaires (loi n° 2018-670)Documentation juridiqueFiabilité hauteLégifrance · publié 30 juillet 2018 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 4CNIL — Questions-réponses sur l'utilisation d'un système d'IA générativeDocumentation officielleFiabilité hauteCNIL · publié 2024-07-18 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source