RGPD
Droits des personnes et effacement dans un RAG
Accès, rectification, effacement et opposition appliqués à un assistant IA local : où vivent les données, comment les supprimer partout, quelle preuve conserver.
L'essentiel
- Dans une Box sans entraînement, les données personnelles vivent dans la base (documents, index, conversations, caches, journaux, sauvegardes), pas dans le modèle. La CNIL indique que l'exercice des droits sur une base de données est « comparable aux grandes bases de données classiques ».
- L'effacement doit être synchrone : supprimer un document entraîne la suppression de ses chunks, de ses embeddings, des caches et des extraits présents dans les historiques ; les sauvegardes suivent à l'expiration de la rotation.
- Les journaux de sécurité ne sont pas effacés à la demande : ils répondent à une finalité distincte (6 mois à 1 an). Interprétation à valider.
- Aucune position CNIL spécifique aux embeddings n'a été trouvée : nous les traitons comme des données personnelles.
- Pour un cabinet d'avocats, le droit d'accès d'un tiers (partie adverse) se heurte au secret professionnel : arbitrage juridique nécessaire.
Faits juridiques vérifiés
Recommandations officielles
Où vivent les données personnelles dans la Box
| Emplacement | Contient des données personnelles ? | Effacement |
|---|---|---|
| Documents sources (partage, connecteur) | Oui | Suppression ou archivage par le cabinet ; déclenche la suite |
| Chunks (texte découpé) | Oui, copie littérale | Suppression synchrone par identifiant de document |
| Embeddings | Oui, à notre lecture (associés au chunk, réidentification possible) | Suppression synchrone avec le chunk |
| Historique des conversations | Oui (questions, réponses, extraits cités) | Purge des extraits du document ou de la personne ; durée courte par défaut |
| Caches (résultats de recherche, KV cache) | Oui, transitoire | Purge automatique à court terme ; purge forcée lors d'une suppression |
| Journaux de sécurité | Oui (identifiant utilisateur, référence du document) mais pas le contenu | Conservés 6 à 12 mois pour la sécurité |
| Sauvegardes | Oui | Suppression différée à l'expiration de la rotation ; documentée |
| Poids du modèle | Non, si le modèle n'est pas entraîné sur les données du cabinet | Sans objet |
Chaque droit appliqué à la Box
| Droit | Ce que le cabinet doit pouvoir faire | Fonction technique |
|---|---|---|
| Accès (15) | Dire si une personne apparaît dans les documents indexés et dans les historiques ; fournir une copie des données | Recherche par nom et identifiants dans l'index et les historiques ; export |
| Rectification (16) | Corriger le document source ; l'index suit | Réindexation du document modifié |
| Effacement (17) | Supprimer partout, sauf exceptions 17.3 | Fonction « supprimer un document / une personne » |
| Limitation (18) | Geler l'usage sans supprimer | Retrait du document de l'index (exclusion) sans suppression |
| Opposition (21) | Cesser le traitement fondé sur l'intérêt légitime, sauf motifs impérieux | Exclusion du document ou du dossier de l'indexation |
| Portabilité (20) | Peu pertinent (base 6.1.f ; 20 vise le consentement et le contrat) | Export du dossier client si demandé |
Procédure technique d'effacement
- Réception : la demande arrive au référent RGPD ; enregistrement dans le journal des demandes (date, identité vérifiée, objet) ; délai d'un mois.
- Qualification juridique : le cabinet vérifie les exceptions (17.3.b, 17.3.e : obligation légale, défense en justice) et le secret professionnel ; décision motivée.
- Localisation : recherche de la personne ou du document dans les six emplacements ; liste des identifiants concernés.
- Suppression synchrone : suppression du document source ; suppression des chunks et embeddings par identifiant de document ; purge des caches ; suppression ou caviardage des extraits dans les historiques de conversation ; réindexation partielle si nécessaire.
- Mesure subsidiaire immédiate : si la purge complète prend du temps, ajout d'un filtre empêchant la remontée des passages concernés (liste d'exclusion), conformément aux mesures subsidiaires évoquées par la CNIL 2.
- Sauvegardes : la donnée disparaît à l'expiration de la rotation ; interdiction de restaurer sans rejouer la suppression ; consigne écrite dans la procédure de restauration, voir sauvegardes.
- Preuve : rapport de suppression généré par la Box (identifiants supprimés, emplacements, horodatage, opérateur) ; conservé dans le journal des demandes ; réponse à la personne.
- Journaux : le journal de sécurité conserve la trace de la consultation et de la suppression (auteur, date, référence), sans le contenu.
Cas particuliers du cabinet d'avocats
Questions ouvertes
Sources
- 1Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) — texte consolidé EUR-LexDocumentation juridiqueFiabilité hauteEUR-Lex · publié 27 avril 2016 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 2CNIL — IA : respecter et faciliter l'exercice des droits des personnes concernéesDocumentation officielleFiabilité hauteCNIL · publié Février 2025 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 3CNIL — Questions-réponses sur l'utilisation d'un système d'IA générativeDocumentation officielleFiabilité hauteCNIL · publié 2024-07-18 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 4CNIL — Délibération n° 2021-122 du 14 octobre 2021 (recommandation relative à la journalisation)Documentation juridiqueFiabilité hauteCNIL / Légifrance · publié 2021-10-14 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source
- 5Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, article 66-5 (secret professionnel de l'avocat)Documentation juridiqueFiabilité hauteLégifrance · publié version en vigueur depuis le 30 mars 2011 · consulté le 16 sept. 2026 · fiche source